En médecine conventionnelle, il n’existe pas de traitement qui soit capable de venir à bout, définitivement, du psoriasis. Cette maladie reste mystérieuse car ses causes peuvent être psychologiques, génétiques, articulaires… De nombreux traitements naturels permettent toutefois de le réduire durablement au silence.
Le psoriasis est une maladie non contagieuse, mais fréquente puis qu’elle touche de 2 à 3 millions de Français, soit 3 à 4 % de la population. Cette maladie de peau est caractérisée par sa chronicité ainsi que la gêne morale et physique qu’elle entraîne. Elle se complique parfois de rhumatisme. Il y aurait environ 60 000 nouveaux cas chaque année.
Dans un tiers des cas, le psoriasis débute avant l’âge de 20 ans. Ce sont les formes les plus sérieuses. Cependant, le psoriasis se manifeste habituellement chez l’adulte jeune. Dans plus de deux tiers des cas, il est peu étendu, atteignant entre 3 et 10 % de la surface du corps. L’évolution est des plus capricieuses, allant de la régression plus ou moins complète, entrecoupée par de nouvelles poussées de fréquences variables, à des extensions importantes voire généralisées ou au contraire à des rémissions spontanées.
L’origine du caractère « capricieux » du psoriasis est mal déterminé. Il peut sans doute s’agir de problèmes psychologiques, d’écarts alimentaires, de prises médicamenteuses, de troubles digestifs…
Symptômes : des lésions caractéristiques
Les lésions psoriasiques sont souvent caractéristiques : taches cutanées bien limitées en relief, constituées d’une peau inflammatoire rouge vif, surmontée d’une épaisse couche de squames blanches et sèches qui ont tendance à s’effriter.
Des démangeaisons sont présentes dans 30 % des cas principalement au niveau des lésions de la tête. Le psoriasis est caractérisé par un renouvellement de la peau (épiderme) plus rapide que la normale en particulier les kératinocytes, cellules superficielles.
L’étendue des lésions est très variable, allant de simples points à des plaques très étendues sur l’ensemble du corps. Ce sont les localisations des lésions qui sont caractéristiques de la maladie : les coudes, les genoux, les régions occipitale et sacrolombaire. Le psoriasis atteint ainsi ce que l’on appelle les « sommets » contrairement au « psoriasis inversé » (ou psoriasis des plis) qui atteint le creux des coudes, les aisselles, les aines, le pli fessier, le pli sous les seins… et qui est une forme exceptionnelle.
Les causes
Une prédisposition génétique. Dans 30 % des cas, il est retrouvé une ou plusieurs personnes atteintes dans la famille des malades. L’absence des gènes LCE3B et LEC3C serait fortement corrélée à la survenue d’un psoriasis. De plus certains HLA sont plus fréquents chez les psoriasiques comme les HLA B13 et HLA B17.
Un dérèglement du système immunitaire. Ce dérèglement démontre qu’il s’agit bien d’une maladie auto-immune : une activation anormalement importante des lymphocytes T est à l’origine des plaques de psoriasis. Il va y avoir libération de cytokines au niveau de la peau induisant l’inflammation et la rougeur caractéristiques.
Le psoriasis peut apparaître à la suite :
– d’une infection, notamment une infection (virale ou bactérienne) rhino-pharyngée chez l’enfant ou d’une infection respiratoire chez l’adulte. Le papillomavirus HPV est plus fréquent sur la peau des personnes atteintes de psoriasis.
– d’une vaccination.
– de médicament : bêtabloquants, lithium…
– de la couche des bébés. C’est le psoriasis napkin qui atteint la zone des couches.
– Un stress. Des chocs psychologiques sont capables de déclencher la maladie ou de nouvelles poussées.
– Une atteinte de la flore (dysbiose) et une hyperperméabilité intestinale.
– Une subluxation articulaire, comme le suggère la méthode Gesret.
Le traitement conventionnel
Aucun des traitements conventionnels n’est capable de faire disparaître définitivement un psoriasis. Ils peuvent tout au plus faire régresser les lésions, mais aussi retarder la survenue de nouvelles poussées. Mais il demeure toujours une ou deux lésions quelquefois très minimes.
Le choix du traitement dépendra de la gravité et de l’extension du psoriasis. D’une manière générale, la médecine conventionnelle propose des traitements locaux qui sont utilisés au niveau des plaques : diverses crèmes, pommades, gels, lotions, shampoings. Ils sont indiqués en cas de psoriasis modéré, c’est-à-dire qui couvre moins de 15 % de la surface du corps. Ces remèdes contiennent soit :
De l’ichtyol, de l’acide salicylique (vaseline salicylée à 5 ou 10 %) ou de l’urée. Ces traitements ne sont pas à proprement parler des solutions contre le psoriasis mais ils permettent de nettoyer les lésions cutanées des squames épaisses, mettant à nu une peau érythémateuse plus ou moins suintante.
Des bains émollients : ils sont présentés sous forme de savon (marques Caditar, Avennoderm, Polytar…) qui réhydratent la peau sèche et rugueuse des plaques. Ces produits permettent également de diminuer les démangeaisons.
Des corticoïdes. Ils constituent le traitement le plus efficace contre l’inflammation des lésions. Ils diminuent aussi la multiplication cellulaire. Mais leur usage prolongé expose à un hypercorticisme identique à une prise de cortisone orale. De plus, un effet « rebond » (reprise brutale de l’éruption), est possible surtout en cas d’arrêt brutal du traitement.
Des analogues de la vitamine D3, comme le calciprotiol (Daivonex), qui vont entraîner le blocage de la division cellulaire, régulant ainsi le développement anarchique de la peau chez les personnes psoriasiques. Les effets négatifs de ce traitement sont bien moins nombreux qu’avec les pommades ou les crèmes à la cortisone. Cependant, leur action est nettement plus lente. Il est donc fréquent que les médecins associent les corticoïdes aux analogues de la vitamine D3, en cas de forte poussée ou en cas de résistance au traitement.
Du rétinoïde qui est un dérivé de vitamine A, le Zorac (tazarotène). Il régularise les cellules perturbées de l’épiderme. Son action est lente. Il peut donc être associé à la cortisone au début du traitement. Il convient toutefois de bien se laver les mains après son application. Ce produit est contre-indiqué aux femmes enceinte ou à celles qui allaitent.
Dans les cas plus étendus
D’autres traitements seront proposés dans les cas étendus. Ils sont souvent efficaces mais ont tous leur revers.
L’héliothérapie
C’est un traitement médical par exposition au rayonnement solaire qui est immédiatement efficace sur le psoriasis. Il est préférable de réaliser des expositions courtes et fréquentes plutôt que prolongées qui risqueraient d’induire à la longue coups de soleil, vieillissement de la peau et apparition de cancers cutanés.
La PUVAthérapie
Des séances d’ultraviolet A (UVA) sont efficaces dans 60 à 80 % des cas. En cas de résistance, il faudra avoir recours à des séances d’ultraviolet B (UVB) associées à la prise de psoralène (substance issue de la bergamote, qui améliore la photosensibilisation). Mais le risque de cancérisation de la peau doit faire limiter l’usage et l’intensité de ces séances.
Le laser Excimer
C’est un appareil qui émet un rayon d’UVB uniquement au niveau des plaques, respectant ainsi la peau saine. Il n’est toutefois indiqué que lorsque le psoriasis est limité à quelques plaques et non pour les cas les plus étendus.
Les cures thermales
Notamment la cure effectuée en mer Morte avec des bains d’eau très salée et l’application de boues. Ces traitements ont une action anti-inflammatoire, calmante et cicatrisante. Ils sont excellents autant pour le physique que pour le moral. L’effet bénéfique de la cure dure un temps variable selon les personnes. Il semble que les sels de la mer Morte ne produisent pas le même effet lorsqu’ils sont dissous dans une simple baignoire.
La prise de rétinoïde oral
Elle est indiquée dans les cas de psoriasis sévère, notamment ceux qui sont étendus à l’ensemble du corps. Mais les complications peuvent être graves : sécheresse de la peau et des muqueuses, risque de malformations en cas de grossesse, dépressions avec suicide… Il ne doit pas être administré en cas de grossesse, ni dans les trois années la précédant, ce qui en fait un produit difficile à prescrire aux jeunes adultes.
Dans les formes graves qui résistent aux traitements
Pour les formes les plus graves, la médecine conventionnelle propose de la « grosse artillerie ».
Immunosuppresseurs
- Méthotrexate surtout en cas de rhumatisme, ou d’atteinte des ongles… Les effets secondaires sont importants : atteinte de la moelle osseuse, du foie et des poumons.
- Cyclosporine, est indiqué en cas de résistance au méthotrexate. Il induit également de nombreux effets secondaires.
Nouveaux traitements
- Les anti-TNF-alpha : adalimumab (Humira), étanercept (Enbrel), infliximab (Remicade) dans le psoriasis en plaques, modéré à sévère ainsi que pour le rhumatisme psoriasique.
- Un anticorps monoclonal anti CD11, l’efalizumab (Raptiva), bloque l’action des lymphocytes T et des cytokines.
- Un immunomodulateur : l’alefacept…
- La carbamazépine (Tégrétol)
Il ne faudra pas oublier d’adjoindre à ces remèdes de la peau, un traitement contre le stress, l’angoisse voire la dépression, généralement présents dans les problèmes de psoriasis.