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    Anatomie et physiologie de l’iris

    Embryologie de l’iris :

    L’embryologie de l’iris fait appel à deux des trois feuillets embryonnaires fondamentaux :

    – le mésoblaste, qui donne le stroma de l’iris ;

    – l’ectoblaste, qui donne naissance à l’épithélium postérieur et aux muscles de l’iris.

    À la fin de la gastrulation, l’embryon humain dispose de ses trois feuillets embryonnaires : l’ectoblaste, le mésoblaste et l’entoblaste.

    La neurulation aboutit à la différenciation à partir de l’ectoblaste de deux tissus : le neuroblaste qui donne le tube neural (futur système nerveux) et les crêtes neurales et l’épiblaste qui donne principalement la peau.

    En ce qui concerne le globe oculaire, le tube neural présente de chaque côté une expansion, la vésicule optique, qui devient ensuite la cupule optique à deux feuillets, lesquels donnent naissance à la rétine et à une partie de l’iris.

    L’ectoblaste de surface forme la placode optique, qui en s’individualisant de l’épiblaste de surface, devient la vésicule cristallinienne, futur cristallin.

    Le mésoblaste autour de la cupule optique va être colonisé par des cellules issues des crêtes neurales formant le mésectoderme.

    Les cellules mésenchymateuses vont se disposer en trois vagues successives : la première aux alentours de la sixième semaine devient l’endothélium cornéen ; la seconde à la septième semaine forme le stroma cornéen ; quant à la troisième vague, elle apparaît vers la septième-huitième semaine et vient constituer la lame iridopupillaire qui recouvre la face antérieure du cristallin.

    Cette lame se divise en deux parties : une partie périphérique, très riche en cellules, qui devient le feuillet mésodermique antérieur de l’iris ; une partie centrale mince, transparente, peu cellulaire : la membrane pupillaire.

    Dès la huitième-neuvième semaine, des arcades vasculaires issues du vaisseau annulaire pénètrent la lame iridopupillaire.

    À partir du septième mois, la membrane pupillaire régresse à partir du centre de manière centrifuge avec disparition concomittante des arcades vasculaires centrales, dégageant ainsi la pupille, la dernière arcade centrale restante devenant le petit cercle artériel de l’iris.

    Cette résorption est plus ou moins complète.

    Lorsqu’elle est marquée, elle aboutit à la formation des cryptes profondes à la surface de l’iris. Lorsqu’elle est incomplète, elle aboutit à la persistance d’une membrane pupillaire pouvant au maximum être source d’une amblyopie chez l’enfant.

    Les mélanocytes du stroma dérivent des crêtes neurales.

    La participation des crêtes neurales à ce tissu mésoblastique explique la possibilité d’atteintes du segment antérieur et de l’iris lors des neurocristopathies.

    Les bords de la cupule optique (future rétine) constituée par le neuroblaste issu du tube neural se portent en avant, et au troisième mois, viennent se placer à la face postérieure du mésenchyme irien, en avant du cristallin.

    Tout comme la future rétine, ce neuroblaste comporte deux feuillets, un interne et un externe.

    Les cellules épithéliales du feuillet externe (antérieur) sont pigmentées (équivalent de l’épithélium pigmentaire rétinien).

    Celles du feuillet interne (postérieur), non pigmentées initialement, se chargent de pigment vers le cinquième mois, de manière centrifuge, de la pupille vers la périphérie.

    Ces deux feuillets accolés forment à la naissance l’épithélium irien, postérieur et pigmenté.

    Lors de mauvaise fermeture de la fente embryonnaire, la cupule optique ne se ferme pas en bas, avec apparition d’un colobome irien associé ou non à un colobome choriorétinien.

    Au troisième-quatrième mois, certaines cellules épithéliales du feuillet externe se différencient en myofibrilles et deviennent le sphincter de l’iris qui se sépare de l’épithélium par interposition de mésenchyme (sixième mois).

    Au cinquième-sixième mois, d’autres cellules épithéliales du feuillet externe du bord de la cupule optique se différencient également en périphérie de l’iris.

    Cette différenciation en myofibrilles aboutit à la constitution du muscle dilatateur de l’iris.

    Anatomie comparée :

    Du fait de son rôle de filtre dans la pénétration des rayons lumineux, l’iris présente des modifications selon les espèces animales et leurs modes de vie.

    Par exemple, chez les animaux à activité principalement diurne, la pupille est souvent petite, circulaire, variant peu selon l’intensité lumineuse.

    La contraction des muscles iriens peut être symétrique comme chez l’homme (singe, chien, lion, tigre, loup...), ou parfois asymétrique avec apparition d’un iris en fente (chat, certains renards).

    Chez les animaux à activité nocturne principale, la pupille est souvent grande, ronde ou souvent en forme de fente (amphibiens, élasmobranches).

    Il existe parfois un opercule, sous la forme d’un lobe irien supérieur venant obstruer la pupille lors de l’exposition à la lumière (certaines raies, baleines).

    Ainsi, suivant les espèces, leurs milieux et leurs modes de vie, la pupille, et par conséquent l’iris, peuvent varier : les oiseaux ont une pupille ronde en général, très active, mais peu sensible à la lumière ; les deux muscles de l’iris comportent des fibres musculaires striées, ce qui peut laisser supposer un contrôle volontaire de la taille pupillaire.

    À l’inverse, chez les poissons téléostéens, les muscles sont très peu développés et la pupille est pratiquement immobile. Parmi les mammifères, le chien possède un iris dont la couleur va du jaune au brun, avec une pupille ronde.

    Le sphincter, très développé, atteint le bord ciliaire de l’iris, alors que le dilatateur est peu développé.

    Le grand cercle artériel de l’iris est incomplet et le petit cercle absent.

    Chez le chat, la pupille présente une forme en fente verticale.

    Chez la plupart des ongulés, dont le cheval, la pupille est elliptique selon un axe horizontal, peu mobile.

    Anatomie macroscopique :

    Situé dans un plan frontal, coronal, identique à celui du cristallin, l’iris, perforé en son centre par un orifice circulaire, la pupille, sépare les deux chambres antérieure et postérieure du segment antérieur de l’oeil, remplies par l’humeur aqueuse.

    Il bombe légèrement en avant, la pupille étant dans un plan légèrement plus antérieur que l’insertion périphérique de l’iris.

    On lui décrit deux faces, antérieure et postérieure, et deux bords : un bord interne, formant le bord pupillaire, et un bord externe, périphérique, inséré sur le corps ciliaire.

    Le diamètre de l’iris est de 12 à 13 mm.

    Son épaisseur varie : fine (0,1 mm) au bord périphérique, elle augmente à la collerette, atteignant 0,6 mm, puis rediminue en allant vers la pupille.

    Pour Kobayashi, l’épaisseur moyenne de la partie la plus épaisse de l’iris va de 249 à 579 μm (moyenne : 434,6).

    Chez l’enfant prématuré, elle varie de 188 à 306 μm (moyenne 247).

    A - FACE ANTÉRIEURE DE L’IRIS :

    Bien visible, en particulier en biomicroscopie, elle présente un relief très irrégulier avec deux zones, une interne pupillaire et une externe périphérique ou ciliaire, séparées par la collerette irienne.

    1- Collerette irienne :

    Elle est située à l’union du tiers interne et des deux tiers externes de la face antérieure et apparaît comme une ligne irrégulière, saillante.

    Elle correspond à la limite de résorption de la membrane pupillaire, avec souvent présence de reliquats de cette membrane.

    Plus ou moins marquée, elle est en général bien visible avec souvent des dépôts pigmentés.

    2- Zone interne ou pupillaire :

    Étendue entre le bord pupillaire et la collerette, elle mesure 2 mm de large.

    Elle présente trois zones en allant de la pupille vers la collerette :

    – le bord pupillaire, anneau festonné, pigmenté, formé par le débordement en avant du feuillet postérieur pigmenté de l’iris d’origine neuroblastique.

    Il est en général plus large en haut qu’en bas. Sa pigmentation diminue avec l’âge ;

    – la zone du sphincter, bande circulaire, plus marquée sur les iris clairs ;

    – la zone des cryptes de Fuchs ou stomates : ce sont des déhiscences plus ou moins profondes, à concavité dirigée vers la pupille, dont le fond apparaît réticulé et dont les bords sont formés par des arcs charnus.

    Chez le nouveau-né, collerette et cryptes ne sont pas visibles.

    3- Zone externe ou ciliaire :

    Plus large, 3 à 4mm, elle comporte également trois zones :

    – une zone interne, plane, qui fait suite à la collerette ;

    – une zone moyenne, formée de plis circulaires à disposition concentrique séparés par des sillons qui augmentent lors de la mydriase, les sillons de contraction.

    Le pli le plus périphérique forme la ligne des crêtes de Busacca (ourlet marginal de Fuchs).

    Il constitue par définition la limite de la paroi postérieure de l’angle iridocornéen ;

    – une zone externe comportant des anfractuosités ou cryptes ciliaires peu profondes.

    4- Coloration :

    La coloration de l’iris est celle de sa face antérieure.

    Elle dépend de l’épaisseur de la couche pigmentée postérieure et de l’intensité de la pigmentation du stroma : plus le stroma est riche en pigment et plus l’iris est foncé.

    On peut opposer ainsi des iris clairs (bleus ou verts), ayant un épithélium pigmenté mince et peu de cellules pigmentées dans le stroma, et des iris foncés (marrons), ayant une pigmentation stromale abondante.

    De nombreux travaux ont étudié les facteurs impliqués dans la couleur de l’iris : Wilkerson a montré qu’il n’y a pas de relation entre le nombre de mélanocytes, le pourcentage de mélanocytes, la cellularité stromale et la couleur de l’iris.

    Pour Imesch, les différences de couleur seraient liées au nombre des grains de mélanine dans les mélanocytes superficiels du stroma.

    La couleur de l’iris varie avec l’âge : maximale vers 15 ans, la pigmentation diminue ensuite progressivement.

    Chez le sujet âgé, le pigment peut disparaître avec des plages d’aspect « mité ».

    Pour Bito, la couleur de l’iris est définitive dès l’âge de 6 ans mais, chez 10 à 15 % des sujets de race blanche, cette couleur se modifie encore à l’adolescence et à l’âge adulte.

    D’autres facteurs peuvent intervenir. Selen signale la possibilité de modifications de la couleur sous l’effet de médicaments : imipramine, antidépresseurs tricycliques.

    De même, les prostaglandines utilisées en collyre peuvent entraîner une augmentation de la pigmentation qui, pour Lindsey, serait liée à l’augmentation de l’expression de la tyrosinase.

    Enfin, il semblerait que la dégénérescence maculaire liée à l’âge soit plus fréquente chez les sujets de race blanche à iris bleu ou noisette, et que les cataractes nucléaires et sous-capsulaires postérieures soient plus fréquentes si l’iris est brun foncé.

    5- Rapports de la face antérieure :

    Elle forme la limite postérieure de la chambre antérieure du globe oculaire baignée par l’humeur aqueuse.

    Elle répond en avant à l’endothélium cornéen.

    Au centre, au niveau de la pupille, elle en est distante de 2 à 3mm chez le sujet caucasien.

    En périphérie, elle s’en approche, sans toutefois l’atteindre, séparée de lui par les structures constitutives de l’angle iridocornéen.

    B - FACE POSTÉRIEURE DE L’IRIS :

    Uniformément noire, elle présente trois types de plis :

    – les plis de contraction de Schwalbe, lignes radiaires minces situées au pourtour de la pupille ;

    – les plis structuraux de Schwalbe, lignes radiaires tendues de la pupille à la périphérie irienne, correspondant à des vaisseaux ;

    – les plis circulaires, concentriques à la pupille, liés à des différences d’épaisseur de l’épithélium pigmenté.

    Rapports de la face postérieure :

    Elle forme la limite antérieure de la chambre postérieure du globe oculaire.

    Remplie d’humeur aqueuse, traversée par les fibres de la zonule de Zinn tendues des procès ciliaires à l’équateur du cristallin, cette chambre postérieure est limitée en avant par l’iris, en périphérie par le corps ciliaire et en arrière par le cristallin.

    On la divise en trois espaces : prézonulaire, intrazonulaire (canal de Petit) et rétrozonulaire.

    Au niveau de la pupille, la face postérieure prend contact avec la capsule antérieure du cristallin.

    En périphérie, elle forme avec le corps ciliaire l’angle iridociliaire ou sulcus ciliaire en regard de l’angle iridocornéen.

    C - BORD PUPILLAIRE (OU PETITE CIRCONFÉRENCE DE L’IRIS) :

    Il limite la pupille, légèrement décentrée en bas et en dedans par rapport au centre de la cornée. Le diamètre pupillaire moyen au repos est de 4 à 5mm.

    En myosis serré, il atteint de 0,5 mm à 1,5 mm et en mydriase maximale, de 8 à 9mm.

    D - BORD PÉRIPHÉRIQUE OU CILIAIRE (OU GRANDE CIRCONFÉRENCE DE L’IRIS) :

    Mince, il forme la racine de l’iris inséré sur le corps ciliaire.

    La continuité entre ces deux structures est liée à la continuité des deux stromas et des deux épithéliums postérieurs, ainsi qu’aux vaisseaux issus du grand cercle artériel de l’iris.

    Ce bord périphérique entre dans la constitution en avant de l’angle iridocornéen, dont il forme avec le muscle ciliaire la paroi postéromédiale, et en arrière de l’angle iridociliaire.

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