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Algues Vertes : De la prolifération au danger pour l'homme

Depuis le début du mois de juillet, 36 sangliers ont été retrouvés morts dans la baie de Saint-Brieuc, en Bretagne. Suspectées d’être à l’origine de ces décès, les algues vertes sont au cœur d’une polémique où chercheurs et élus peinent à s’accorder.

Une marée verte en Bretagne

Une plage fermée par arrêté municipal, le port de masques recommandé dans les zones à risque, des déclarations contradictoires entre élus et scientifiques… le décès de 36 sangliers dans l’estuaire du Gouessant (Côtes-d’Armor) ravive le débat sur la nocivité des algues vertes : en 2008, deux chiens sont retrouvés morts sur une plage d'Hillion, une commune située en baie de Saint-Brieuc. En 2009, un cheval meurt dans les mêmes circonstances sur une plage de Saint-Michel-en-Grève. Quelques mois plus tard, un salarié de l'usine de compostage de Launay-Lantic décède alors qu’il déchargeait des algues vertes. Tandis que ces disparitions soulèvent des questions sanitaires et environnementales, le Premier ministre François Fillon tente de calmer les esprits. Il y a deux ans, pratiquement jour pour jour, il annonce l’élaboration d’un plan de lutte contre la prolifération des algues vertes. « Ce plan comprend trois axes, explique Gilles Huet, délégué général de l'association Eau et Rivières de Bretagne, le renforcement de la sécurité des personnes, les actions curatives contre les algues échouées et la lutte contre la pollution des eaux par les nitrates. Concernant le premier point, la sécurité des travailleurs et l’information au public progressent. Sur le plan curatif, le plan a pris un peu de retard car, en dehors de la baie de Saint-Brieuc, les algues vertes continuent de s’étendre alors qu’elles devraient être compostées dans des sites confinés. »

Du point de vue de la lutte contre la pollution des eaux par les nitrates, le chercheur de l’Ifremer Alain Menesguen rappelle que les choses avancent, « en particulier l’appel à projet sur les bassins versant pour tenter de diminuer à la source les rejets de nitrates ». Pourtant, sur le terrain, les militants écologistes souhaiteraient que les choses évoluent plus vite. « Depuis deux ans, la situation ne cesse de s’aggraver, prévient André Ollivro, président de l’association Sauvegarde du Penthièvre. Aujourd’hui, seule la partie ramassage du plan algues vertes est active. Mais, à ce rythme-là, d’ici à 2027, date butoir du plan, le problème ne sera pas réglé. »

Les nitrates en cause

Pourquoi les algues vertes se développent-elles autant ? « Elles sont très demandeuses en azote inorganique dissous, analyse Alain Menesguen. En mer, cet azote minéral se présente majoritairement sous forme d’ions nitrate. » Une concentration de nitrates dans les eaux des rivières qui ne cesse d’augmenter. « Depuis cinquante ans, l’agriculture s’est intensifiée », note le chercheur de l’Ifremer. Conséquence ? « Les fuites en azote par lessivage des bassins versants ont décuplé les teneurs en nitrates de ces cours d’eau. Cela favorise l’accroissement des algues vertes qui s’en nourrissent et gagnent du terrain. » Déposées par la mer en haut de plage, chargées de nitrates, les algues vertes se décomposent et dégagent une trentaine de gaz dont du sulfure d'hydrogène (H2S) qui, inhalé par les vertébrés, peut provoquer des malaises ainsi que d’autres complications (crise d’asthme, conjonctivite, œdème pulmonaire) pouvant entraîner la mort. « Une inhalation d’une dose de sulfure d’hydrogène très concentrée et dégagée par un tas d’algues vertes peut provoquer une perte de connaissance, résume Alain Menesguen. Si l’on vous retire de la zone contaminée, vous reprendrez vos esprits. Si vous restez dans ce secteur et que vous continuez à inhaler ce gaz, cela peut s’avérer mortel en quelques minutes. »

Cinq sangliers positifs au H2S

Le 1er août, les résultats toxicologiques sur 6 des 36 sangliers retrouvés morts dans l’estuaire du Gouessant sont publiés par la préfecture des Côtes-d’Armor. Ils font état de la présence de sulfure d’hydrogène sur cinq de ces six animaux. Des taux très élevés ont pu être observés pour deux d’entre eux : 1,47 mg/kg de sang et 1,72 mg/kg de sang, supérieurs à celui retrouvé chez le cheval mort dans le même département en 2009 (1,18 mg/kg de sang). Pour trois autres de ces sangliers, les taux observés sont de 0,14 mg/kg de sang, 0,36 mg/kg de sang et 0,93 mg/kg de sang. Concernant le sixième sanglier, les chercheurs expliquent n’avoir décelé aucune trace de sulfure d’hydrogène dans le sang de l’animal. « Pour les chercheurs, il est difficile d’interpréter ces résultats », se désole Claude Lesné, docteur en santé publique. La raison ? « Les rapports d’expertise n’ont pas été communiqués. Seules des bribes du rapport nous sont transmis à travers le filtre de la préfecture. »

De son côté, Frédéric Maignan, chargé de communication de la préfecture des Côtes-d’Armor assure « ne pas avoir eu accès au dossier dans son intégralité. L’essentiel était de rendre compte des résultats le plus vite possible », souligne-t-il. Afin d’élucider la mort des 36 sangliers, la préfecture des Côtes-d’Armor vient de demander des études supplémentaires dont l’analyse de l’air ambiant et celle des émissions gazeuses de la vase. Des recherches toxicologiques sur quatre sangliers supplémentaires vont également être réalisées par le laboratoire de l’école vétérinaire de Lyon. Est-ce suffisant ? « Il faut appliquer des mesures drastiques visant à réduire au plus vite le taux de nitrates présent dans les eaux des rivières bretonnes », s’alarme Claude Lesné. Un avis partagé par Alain Menesguen, qui explique par ailleurs que « certains syndicats agricoles sont toujours dans le déni. » Selon le chercheur de l’Ifremer, « tant que la situation n’évoluera pas, il sera difficile de s’entendre ». L’enjeu, il est vrai, dépasse largement le strict cadre sanitaire et environnemental. En cause, des modes de production agricole – avec notamment l’usage intensif des engrais –, une meilleure maîtrise du développement des élevages porcins et avicoles intensifs, générateurs de nitrates du fait des masses de lisiers déversées, et l’interdiction au tourisme des plages contaminées : autant de mesures de fond difficiles à prendre dans une région où le développement économique passe par l’élevage, l’agriculture et le tourisme.

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