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    Performance et dépendance sur ordonnance...

    Depuis plusieurs décennies, les médications psychotropes font partie des prescriptions médicales quotidiennes dans les pays occidentaux et, parmi ceux-ci, c'est la France qui occupe - et de très loin -la plus haute marche du podium pour leur consommation. Hypnotiques, tranquillisants, anti-dépresseurs et autres médications chimiothérapiques à visée psychique font la "Une" sur les ordonnances de nos médecins hexagonaux. A croire - compte tenu des indications médicales spécifiques bien précises de ces médicaments - que, depuis 30 à 40 ans, une importante fraction de la population française est rentrée dans la catégorie des malades mentaux !... Ce qui, au vu d'un simple et rapide constat de la situation présente, n'est évidemment pas le cas.

    Non, ces médications sont tout simplement prescrites aux millions de personnes qui sont seulement "mal dans leur peau" pour des raisons diverses : personnelles, conjugales, familiales, professionnelles, sociales, relationnelles, etc. Sorte de dopage psychique dont le but n'est pas de résoudre les problèmes en cause mais uniquement de pouvoir mieux les supporter pour continuer à avancer. Traitements symptomatiques totalement inadaptés qui font des médecins de simples pourvoyeurs de "pilules de bonheur" sensées gommer de façon magique les difficultés de l'existence, alors qu'elles ne font que les dissimuler derrière un épais rideau de fumée. Pour conserver le pouvoir et asservir les populations, les régimes totalitaires ont inventé le "lavage de cerveau" et nos démocraties occidentales "l'enfumage de cerveau" !... Procédé beaucoup plus subtil et aux résultats tout aussi efficaces qui a le grand avantage - du moins jusqu'à présent - de ne provoquer aucune rébellion dans les rangs de ceux qui y sont soumis. Et pour cause, cet "enfumage" étant justement mis en place pour qu'il ne s'en produise pas.
     
          Alors, où est l'erreur ? En fait, celle-ci repose sur diverses raisons qui peuvent être ramenées à sept vraiment essentielles - comme dans le célèbre petit "Jeu des 7 erreurs" que tout le monde connaît :


    1) Une plus grande sensibilité des gens aux difficultés habituelles et normales de l'existence -
         L'acceptation des lois biologiques naturelles qui régissent toute forme de vie - y compris la nôtre - ne l'est plus aujourd'hui. Depuis quelques décennies, l'éducation des enfants et le conditionnement socio-culturel auquel nous sommes tous soumis dans notre société cherchent à faire croire que la vie est un long fleuve tranquille sur lequel on peut naviguer en toute sécurité sans jamais rencontrer la moindre difficulté grâce aux avancées des techniques scientifiques et dans la mesure où nous disposons des biens de consommation qui en découlent, biens qu'elle nous incite évidemment à nous procurer par tous les moyens possibles afin que son système fonctionne au mieux. Si ce conditionnement est des plus profitable pour la "Société", il ne l'est pas forcément pour les individus qui la composent. Comme les lois artificielles qui conditionnent la réussite de ce modèle de société ne sont pas en adéquation avec les lois naturelles qui conditionnent le bon équilibre et la réussite de nos existences individuelles, il en résulte un état d'insatisfaction générale qui fait qu'une majorité grandissante de gens considère la moindre difficulté comme anormale et injustifiée, la faisant entrer alors naturellement - mais indûment - dans le domaine de la pathologie. 
         Nous pensons personnellement, après tous les essais infructueux que l'humanité a testé jusqu'à aujourd'hui, que le seul modèle de société susceptible d'être viable à long terme serait celui qui permettrait de concilier ses propres intérêts à ceux des individus qui la composent, c'est-à-dire une société ayant pour fondement les lois biologiques fondamentales qui conditionnent le bon équilibre des êtres humains et, par voie de conséquence, leur survie. L'Homme ne pourra jamais commander la "Nature" sans obéir d'abord à ses lois.


    2) Règles inhérentes à notre société de consommation -
         Pour des finalités économiques qui en sont - malheureusement - le seul fondement, notre type de société pousse également chacun d'entre nous a être toujours "plus" !... Plus performant. Plus productif. Plus rentable. Ceci afin de faire "tourner" le système par une consommation toujours plus grande. Mais les "Supermen" et "Superwomen" ne sont pas légions et, pour suivre cette surenchère galopante, la grande majorité de nos contemporains s'essoufflent et présentent naturellement de douloureux "points de côté" psychiques !...

    3) Refus des patients concernés à se prendre en charge -
         "Docteur, j'ai des problèmes : Je suis fatigué. Je suis anxieux. Je suis déprimé. Je suis mal dans ma peau. Mais ne me demandez pas de changer quoi que ce soit à mon existence !... Donnez-moi ce qu'il faut pour arranger ça le plus facilement et le plus rapidement possible car je ne peux pas me permettre de craquer et que Time is money !..." Tel est le discours implicite - parfois même explicite - de nombreux consultants qui considèrent la "machine" humaine comme un vulgaire "moteur" qui doit obéir aux ordres qui lui sont donnés et assumer pleinement toutes les demandes qui lui sont faites sans jamais sourciller.
          Devant de telles demandes, la prescription et la prise d'un médicament symptomatique arrangent tout le monde : le médecin qui n'a pas à réfléchir aux causes profondes de ces troubles et le malade qui n'a pas à reconsidérer l'organisation de sa vie.


    4) Facteurs inhérents à l'exercice médical actuel - 
         Depuis une cinquantaine d'années, la sélection des étudiants en médecine se fait essentiellement à travers des filières scientifiques privilégiant les sciences exactes (mathématiques, physique, chimie) et leur formation au cours de leurs sept années d'études ne consacre que quelques heures de cours à la psychologie et aux troubles psychiques banaux fréquemment rencontrés en clientèle. Résultat : des médecins n'ayant aucune maîtrise de ces troubles qui ne rentrent pas dans le schéma habituel des connaissances acquises où telle maladie = tel traitement et tel symptôme = tel médicament.
         Par ailleurs, la dépréciation progressive et constante de l'acte médical associée à une emprise grandissante des tâches administratives amène inéluctablement le corps médical à ne plus pouvoir consacrer tout le temps nécessaire à la consultation que nécessiterait nombre de leurs patients présentant une souffrance psychologique. En effet, dès qu'il s'agit d'aider quelqu'un sur ce plan, une écoute attentive impliquant une grande disponibilité et beaucoup de temps sont indispensables, ce que les médecins n'ont plus depuis de très nombreuses années.
         Enfin, la formation médicale continue est le plus souvent sous l'influence directe ou indirecte des laboratoires pharmaceutiques dont la finalité - comme toute société commerciale - est avant tout de faire des profits en vendant le plus possible leurs médicaments - ce qu'il est bien difficile de leur reprocher. Ils s'y emploient donc en présentant leurs spécialités comme étant les meilleures à travers d'énormes réseaux de communication (visiteurs médicaux, plaquettes et documents scientifiques, articles et publicités dans les revues professionnelles, organisation de colloques et congrès, etc.) qui, à la finale, vont déterminer les prescriptions des médecins, ceux-ci ne disposant, fort malheureusement, dans la majorité des cas, d'aucune autre source d'information pour se forger un jugement critique à leur sujet.
         Alors, que fait généralement un médecin confronté à la demande de ces patients qui réclament un traitement miracle pour résoudre leurs difficultés existentielles et leurs "points de côté" émotionnels ? N'ayant pas le temps de faire un peu de pédagogie en se lançant dans de longues explications sur la complexité de fonctionnement et la fragilité d'un organisme, sur les nécessités hygiéniques et diététiques qu'impliquent un bon équilibre biologique, sur les meilleures possibilités thérapeutiques susceptibles de remédier efficacement à ses troubles en s'en donnant les moyens et le temps, et ne pouvant pas, non plus, se permettre - pour faire face à ses charges de plus en plus lourdes - de perdre un patient qui irait alors voir ailleurs pour obtenir satisfaction, il pare au plus pressé en prescrivant des médications chimiothérapiques qu'on lui a présenté - tant au cours de ses études que de son exercice médical - comme étant les plus à même de dissiper dans les meilleurs délais les troubles présentés.


    5) Inadéquation entre l'indication et la prescription -
         Les médications psychotropes s'adressent à des troubles ou maladies psychiques majeurs bien caractérisés et leur prescription pour de banales difficultés existentielles constitue une simple facilité qui va les atténuer momentanément et de façon symptomatique sans les régler aucunement en profondeur. Faire une anesthésie pour supprimer une douleur c'est bien, à condition de traiter sa cause pendant celle-ci. L'anesthésie seule ne constitue en aucun cas un traitement curatif et une fin en soi, d'autant plus que ce type de prescription qui anesthésie les affects négatifs d'un individu, anesthésie aussi en même temps, sans aucune distinction, les affects positifs qui lui permettraient de retrouver son bon équilibre : est-il, par exemple, vraiment profitable d'atténuer la peine profonde liée à un décès, le chagrin d'amour ou le difficile vécu de problèmes conjugaux de quelqu'un si cela se solde, simultanément, par une inhibition de ses capacités naturelles à faire son nécessaire travail de deuil, à retomber amoureux ou à tenter de trouver de bonnes solutions à ses difficultés ?
        De plus, et malheureusement, toutes les médications psychotropes sont à l'origine de graves effets secondaires - plus ou moins importants mais toujours présents, tant sur le plan organique que psychique - qui viennent souvent aggraver le tableau initial avec nécessité d'autres prises médicamenteuses pour les atténuer et, surtout, d'une accoutumance du même ordre que celle induite par des drogues officiellement prohibées, certaines d'entre elles - jugées officiellement comme plus dangereuses que le cannabis - étant d'ailleurs utilisés par les vrais toxicomanes !... ce qui explique que cette dépendance à certaines substances psychotropes est telle que leur sevrage pose des problèmes aussi graves que celui des drogues dures illicites (ce qui montre combien la distinction entre deux est des plus théorique), cette difficulté ne faisant que favoriser la poursuite des traitements en cours. Enfin, leurs effets secondaires à long terme restent encore totalement inconnus et il n'est pas impossible - comme c'est déjà arrivé avec d'autres médications chimiothérapiques de premier plan encore récemment - qu'ils donnent lieu à de désagréables surprises. Toutes informations que l'on s'attache bien évidemment à minimiser ou à cacher - voire à nier - sous le couvert de leur "noble" statut de médicament.


    6) L'effet pervers du système social français -
         Notre système de Sécurité Sociale - dont la finalité est très louable - a progressivement, au fil des années, fait de la consultation médicale, des examens diagnostiques et des médicaments de véritables biens de consommation considérés par un grand nombre de gens comme indispensables et utilisés en excès du fait de la facilité à en disposer à travers des consultations sans aucune restriction, couplée avec leur quasi-gratuité. Peut-on vraiment continuer à considérer ce qui touche à la santé comme un bien de consommation ordinaire ? Un somnifère, un tranquillisant ou un anti-dépresseur n'est tout de même pas comparable à un dentifrice ou à un shampooing !... 

    7) Une politique d'information officielle insuffisante -
         Les médications psychotropes ne bénéficient pas suffisamment d'informations objectives les concernant. En effet, soit elles émanent indirectement du "lobbying" de l'industrie pharmaceutique qui en prône évidemment l'intérêt et l'absence de danger, soit du clan des "anti" qui, par principe, les refusent systématiquement. Comme toujours, la vérité se situe au milieu et, sur ce plan, il n'y a pas grand chose de fait. Il est donc difficile au grand public de se forger une opinion claire à leur sujet quant à leur bonne utilisation.
         Rien ne pourra changer sans une bonne et large information diffusée par l'ensemble des organes administratifs officiels sanitaires qui implique évidemment une réelle volonté politique de la part de tous les intervenants responsables de la santé dans notre pays. Fiches documentaires et brochures explicatives distribuées gratuitement dans les pharmacies et les salles d'attente des médecins, articles de presse objectifs proposés régulièrement aux revues grand public, fréquentes discussions et mises au point impartiales sur les chaînes de radio et de télévision, spots télévisés comme il est fait depuis peu pour le bon usage des antibiotiques, etc.
          Les conséquences sanitaires humaines et financières budgétaires de l'usage inconsidéré des médications psychotropes sont très importantes pour la collectivité, autant - sinon plus - que certains autres secteurs touchant à la santé qui tiennent la vedette. Elles méritent donc d'être abordées comme on le fait pour l'alcool, le tabac ou la vitesse sur les routes.


         En résumé, même s'il s'agit d'une tâche très difficile, il n'est pas impossible de remédier à la plupart de ces erreurs par une meilleure prise de conscience de ces problèmes au niveau individuel et par une véritable volonté politique gouvernementale grâce à la mise en place d'une bonne et large information accessible au plus grand nombre associée à des actions efficaces sur les racines du mal. Notre système social est malade et, comme en médecine, rien ne pourra le guérir en continuant à lui administrer des "médications" symptomatiques sans aucun effet sur les causes profondes de sa maladie.

     

    Qu'on se le lise et qu'on se le dise...   

    Christophe CARABIN sur Google+

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