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    Le bon sens biologique

    Depuis quelques années, la population française vit une période de grande mutation : le passage d'une société à une autre. Processus naturel cyclique inévitable de toute évolution. A son corps - et à son esprit - défendant, elle se voit contrainte et forcée de traverser la zone de fortes turbulences provoquées par la superposition momentanée de la fin d'une société et le début d'une nouvelle. Ce phénomène pourrait être comparé aux secousses des tremblements de terre résultant du chevauchement, plus ou moins périodique, de deux plaques tectoniques à la surface du globe terrestre.

    D'un côté, la population française assiste à la fin d'une société industrielle dans laquelle elle vivait depuis de nombreuses générations, plus ou moins bien, avec des hauts et des bas, mais dont elle connaissait parfaitement les limites, les valeurs et les règles, ce qui lui permettait d'y évoluer et d'y agir en toute connaissance de cause avec un certain sentiment de sécurité et un état d'équilibre satisfaisant.

    D'un autre côté, elle voit naître simultanément très vite - trop vite - une autre société à laquelle elle n'a pas eu le temps de se préparer et à laquelle elle doit rapidement s'adapter. Société dont elle ne sait pratiquement rien et pour laquelle ses valeurs et références actuelles sont totalement inadaptées, sans avoir encore la moindre possibilité d'en connaître les nouvelles. Terrain inconnu et impuissance à agir qui engendrent un sentiment de danger et d'insécurité, source d'anxiété, de grand malaise et de déséquilibre.

    Dans ce no man's land aux frontières imprécises et aux rivages incertains, la population française, malgré ses grandes capacités habituelles d'adaptation, est prise de court par la vitesse du processus. Fortement angoissée devant ce changement brutal, aux perspectives inconnues, qu'elle ne peut maîtriser, elle se trouve déconcertée, déstabilisée, désorientée et, finalement, elle tourne en rond sans trop savoir dans quelle direction se diriger.

    De plus, un tel passage, déjà très difficile à traverser en temps ordinaire, est aggravé par la concomitance de deux autres événements majeurs. Le premier : que la fin de cette société industrielle est couplée avec la fin de la civilisation judéo-chrétienne et de ses grandes valeurs dans laquelle la France baignait depuis deux millénaires. La nouvelle société qui s'annonce est donc perçue, de surcroît, comme le premier maillon d'une nouvelle civilisation également tout à fait inconnue. Le second : la perte d'identité et de souveraineté nationale liée à la construction européenne dont les contours restent encore bien flous et incertains aux yeux d'une grande majorité de Français.

    Mutation trop rapide. Fin de société. Fin de civilisation. Dissolution de la nation dans une entité supra-nationale en pleine gestation. Autant de facteurs qui s'ajoutent les uns aux autres pour aggraver la charge d'anxiété, le désarroi et le trouble de la population française dans cette période de transition où tous ses points de repères disparaissent brusquement en même temps.

    La biologie comportementale nous apprend qu'un individu isolé, confronté brutalement à un danger inconnu, ne peut y faire face que de trois façons : l'action, la fuite ou l'immobilisme.

    Dans l'action, où l'individu affronte le danger en le combattant, et dans la fuite, où il tourne rapidement les talons en courant à toutes jambes pour l'éviter, son organisme ne souffre absolument pas du stress lié à la peur provoquée par cette situation. En effet, dans ces deux cas de figure, l'individu convertit en mouvements l'énergie mobilisée pour faire face au danger et, de ce fait, ne subit aucune répercussion biologique fâcheuse sur son organisme.

    Dans l'inertie, par contre, l'énergie mobilisée pour affronter le danger ne peut plus s'évacuer à travers des manifestations physiques puisque l'individu reste cloué sur place et immobile. Cette énergie s'évacue alors à travers des manifestation psychiques qui sont à l'origine de troubles éminemment variables selon le tempérament de chacun : colère, agressivité, anxiété, résignation, dépression, état de mal-être indéfinissable. Ces troubles débouchent assez rapidement, si la situation se prolonge trop longtemps, sur de graves maladies psycho-somatiques qui peuvent toucher n'importe quelle sphère de l'organisme, notamment la sphère digestive avec l'ulcère gastro-duodénal qui en est l'exemple le plus connu, mais également la sphère cardio-vasculaire avec l'infarctus, la sphère respiratoire avec la crise d'asthme, la sphère cutanée avec l'eczéma ou le psoriasis, etc., en fonction de la fragilité spécifique à chaque individu. Ces troubles et maladies ne font évidemment qu'aggraver la situation d'incapacité à réagir, ce qui débouche sur un véritable cercle vicieux qu'il faut rompre à tout prix pour guérir la personne concernée, l'élément salvateur ne pouvant venir que de l'extérieur : traitement médical adapté, relaxation, psychothérapie, etc.

    Ce qui se passe à l'échelon individuel est schématiquement transposable à l'échelon d'une population. En effet, une population n'est pas seulement la juxtaposition d'un certain nombre d'individus, mais un véritable "corps social" - sorte d'être humain - qui reflète l'expression des millions de "cellules-individus" solidaires les unes des autres dont il est composé.

    Ce changement de société est vécu par la population française comme un grave danger. Elle en a peur et, devant ce danger, elle n'a - elle aussi - pour y faire face que les trois possibilités que nous venons d'évoquer. -

    La fuite. Ici, contrairement à un individu isolé, une population importante ne peut pas fuir dans un autre espace tridimensionnel. C'est matériellement impossible. La conscience collective de ce "corps social" sécrète alors une autre forme de fuite dans la dimension temporelle en cherchant à faire revivre un passé connu et sécurisant. Or, dans le cadre de l'évolution humaine, il n'y a jamais de retour en arrière. Cette fuite en arrière dans le temps est donc également impossible si ce n'est de façon totalement imaginaire et hors de toute réalité. D'une certaines manière, c'est un peu - disons même beaucoup - ce que la population française essaie pourtant de faire depuis plusieurs années. Tous les prétextes lui sont bons pour revenir en arrière en faisant revivre le passé. Anniversaires, commémorations, célébrations, fleurissent sous toutes les formes possibles aussi bien à l'échelon local que national et occupent de plus en plus de place dans la vie des gens. Fuir ainsi à reculons dans le passé lui évite d'avoir à penser au présent et à se colleter au danger réel qui l'effraie. mais toute cette énergie et tout ce temps, consacrés à l'évocation nostalgique du passé, seraient beaucoup mieux utilisés à chercher des solutions présentes et d'avenir pour s'adapter aux changements en cours, adaptation qui, dans l'état actuel des choses, ne peut plus maintenant être trop longtemps différée. Sans aucunement renier ou oublier notre prestigieux passé, dans la mesure où il occupe la juste place qui lui revient dans le présent, cette fuite est une impasse qui doit être définitivement abandonnée, sachant toutefois que les acquis et actifs de notre riche histoire peuvent contribuer et servir utilement au passage à l'action. -L'immobilisme qui consiste à rester sur place sans bouger, en analysant minutieusement la situation - ce qui est fort bien fait depuis plusieurs années par nombre de spécialistes compétents (philosophes, sociologues, psychologues, politologues, etc.) - pour seulement s'en plaindre et se complaire dedans. Le résultat de cet immobilisme, c'est la triste situation que nous vivons actuellement. L'énergie mobilisée par la population est évacuée sous diverses formes d'expressions néfastes à sa bonne santé :

    . Sous forme d'agressivité : grèves et manifestations populaires à répétition au moindre prétexte, explosions de colère de nombreux groupes sociaux et de multiples corporations, revendications de nature ethnique, religieuse, culturelle, sexuelle, etc.

    . Sous forme d'anxiété : la population française détient depuis plus de trente ans le triste record mondial d'usage de sédatifs et de tranquillisants.

    . Sous forme de dépression et de morosité avec un repli sur soi et un individualisme exacerbé.

    De cet état de choses découle tout naturellement le développement de nombreuses et graves maladies "psycho-sociales" : analphabétisation croissante, chômage galopant, délinquance grandissante, pauvreté renaissante et, surtout, la perte des valeurs traditionnelles familiales et collectives qui cimentent la cohésion d'une population pour en faire une nation. Sans cette clef de voûte que représente ce partage librement consenti de valeurs communes, le "corps social" s'effondre.

    On pourrait presque établir un parallèle avec la terrible maladie qu'est le SIDA. Sur un terrain prédisposé (l'actuelle population française en proie à la peur de l'inconnu), apparition de virus pathogènes (agressivité, violence, anxiété, dépression, etc.) qui attaquent les globules blancs (les valeurs sociales) supports du système de défense immunitaire (la nation avec son identité et sa cohésion collective). L'organisme (le corps social), n'étant plus en état de se défendre, développe alors de graves maladies "opportunistes" (chômage, misère, délinquance, immigration incontrôlée, xénophobie, racisme, etc.) qui vont inéluctablement entraîner sa mort à plus ou moins long terme.

    Rester dans cette position d'attente, complètement bloqué par cette peur de l'inconnu et la hantise du changement n'est donc pas non plus la bonne solution.

    - L'action reste, en définitive, la seule et unique voie possible de salut à condition toutefois de ne pas trop attendre. Ce simple passage à l'action fera d'ailleurs disparaître ipso facto cette peur du changement. En tenant compte du riche héritage de notre prestigieux passé et de l'excellente analyse que nous avons de la situation présente, il y a d'abord lieu de faire un bilan lucide et concret en dressant l'inventaire des "actifs" réels dont nous disposons ici et maintenant. Puis, à partir de ce bilan, il faut savoir remettre en question ce qui ne va pas - ou ne va plus. Enfin, il faut innover, imaginer, inventer, créer de nouvelles stratégies pour affronter, surmonter et franchir avec succès l'obstacle que constitue l'inconnu de cette nouvelle société. C'est le meilleur moyen si nous voulons continuer à aller de l'avant et construire un nouveau destin pour la France.

    D'ailleurs, pourquoi ne pas considérer cette terre inconnue vers laquelle nous voguons comme un territoire intéressant à découvrir où nous attendent plus d'avantages que d'inconvénients ? C'est avec un tel état d'esprit que Christophe Colomb a découvert le Nouveau Monde et ses fabuleuses richesses qui ont assuré la grandeur et le rayonnement de l'Espagne pendant plusieurs siècles. Raisonnons de la même façon. André Malraux a écrit : "La force c'est l'acceptation de l'inconnu." Suivons-le avec confiance dans cette "voie royale" !

    La population française est suffisamment riche en "matière grise" - seul cas où cette couleur, jugée habituellement triste, a une connotation positive - pour enfanter des idées neuves, des initiatives originales, des projets inventifs, à même de résoudre la crise que nous traversons. Encore faut-il lui laisser la possibilité de les exprimer et lui donner, ensuite, les moyens de les réaliser. Le temps des mots est terminé, le temps des actes est arrivé. Passons à l'action !...

    Christophe CARABIN sur Google+

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