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    Pseudo-émotions

    Le fait de pouvoir commencer une phrase par "je me sens" ne garantit pas que j'évoque un sentiment. Nous confondons souvent avec des émotions, des concepts qui traduisent notre réalité ou encore des images utilisées comme métaphores. Nous prenons aussi des états d'âme ou des attitudes pour des émotions. Voyons quelques exemples de ce genre pour illustrer l'importance de traduire ces expressions en sentiments.

    Divers concepts

    Le rejet, par exemple, est une action. Je suis l'objet du rejet de quelqu'un. Je ne peux donc "me sentir rejeté". Par contre, le fait d'être rejeté par quelqu'un provoque des sentiments chez moi : douleur, rage, découragement... Je ne peux pas non plus "me sentir de trop". Ce que j'exprime par cela, c'est la perception que je ne suis pas désiré(e). Cette impression, qui peut être tout à fait juste, provoque en moi certaines émotions. La solitude non plus n'est pas un sentiment bien qu'on utilise souvent l'expression "je me sens seul(e)". Je puis être seul(e) et parfaitement content de l'être, éprouver un soulagement. Je puis être seul(e) et me sentir triste. La solitude n'est donc pas une émotion et aucune émotion y est liée de façon constante.

    Citons enfin dans cette catégorie, l'ambivalence. L'ambivalence est quelque chose que l'on fait. On hésite entre deux possibilités. On balance entre deux choix. On peut faire cela plus ou moins longtemps sur un même sujet et plus ou moins souvent dans sa vie. On est ambivalent(e) parce qu'on a divers sentiments à l'idée de faire un choix ou l'autre, mais l'ambivalence elle-même n'est pas un sentiment.

    Des images

    Nous employons très souvent des images pour traduire ce que nous ressentons. Se sentir "au-dessus", "petit(e)", "loin", "étouffé(e)", "écrasé(e)" sont des approximations de sentiments. Ces expressions imagées sont vite trouvées et nous évitent parfois l'effort d'avoir à préciser ce que l'on ressent. Quelque fois, par contre, on a l'impression quelles traduisent plus justement ce que nous vivons.

    Des états

    Je suis calme, serein(e), confus(e), déprimé(e), vide... Il s'agit d'états. Ceux-ci sont inévitablement teintés d'une saveur émotionnelle. Je suis calme, mais il se peut qu'il s'agisse du calme froid de quelqu'un qui est extrêmement en colère et qui veut maîtriser la situation. Je puis être calme et m'ennuyer, calme et triste. Suis-je déprimé(e) plein(e) de tristesse ou chargé(e) d'une colère sourde que je réprime ? Par définition, un état est stable, alors que l'émotion est toujours mouvante.

    Des attitudes

    Enfin, on méprend aussi des attitudes pour des émotions. Être curieux, ouvert(e), chaleureux(se), hostile sont des façons d'être. Être curieux(se) fait que je suis toujours prêt(e) à connaître et expérimenter de nouvelles choses. Être chaleureux(se) veut dire que je suis porté(e) à être aimant(e) avec les gens. Je me sens généreux(se) veut dire en fait que je suis "disposé(e)" à l'être. Quelqu'un qui a une attitude hostile est toujours prêt à s'opposer, à se quereller. Être ouvert(e) signifie que je suis disposé(e) à laisser être ce qui est, à me laisser toucher. Il s'agit donc de prédispositions à agir dans un sens ou dans un autre.

    Des évaluations

    Enfin, les méprises de sentiments les plus pernicieuses sont sans doute les évaluations que nous prenons pour des émotions. Je me sens stupide, nul(le), débile... Il serait plus juste de dire "je me trouve", car la stupidité, la débilité et la nullité sont impossible à ressentir. Or, par définition, une émotion ça se ressent.

    Lorsque l'on veut s'informer réellement, il est capital d'aller au-delà de ces formulations et de se demander ce que l'on ressent dans cette situation. Je me sens "petit(e)" et j'ai quel sentiment à ce sujet ? Nous sommes loin l'un de l'autre et j'éprouve quoi par rapport à toi ou par rapport au fait que nous soyons à ce point distants ? On doit trouver les sentiments qui sont ainsi formulés pour mieux s'informer dans ces situations.


    Tout au long de ce texte, je n'ai donné que quelques exemples pour illustrer le fait que notre langage ne rend pas toujours compte de notre réalité intérieure. J'ai insisté sur cela parce qu'il est capital de bien cerner et de formuler correctement notre expérience pour l'aider à évoluer. Ce n'est que de cette façon que nous pouvons ressentir les émotions. Ce n'est qu'en ressentant nos émotions que l'on peut "avancer" sur le sujet que nous vivons. Ce n'est qu'en vivant nos émotions qu'on peut compléter les boucles de vécu. Sinon, on est voué à accumuler des expériences incomplètes.

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